Le Sénat : Enquête sur les superprivilégiés de la République


Jusqu’au renouvellement de 2008 inclus, le Sénat était renouvelé par tiers tous les trois ans. À partir de septembre 2011, il est renouvelable par moitié, en deux séries, tous les trois ans, pour tenir compte de la réduction de neuf à six ans de la durée du mandat sénatorial. De grands électeurs (députés, conseillers municipaux, généraux et régionaux) vont ainsi désigner les sénateurs dont le siège est soumis à renouvellement.

Au-delà de cette actualité politique qui passionne uniquement les états-majors des quatre grands partis politiques de l’Hexagone, on peut se poser la question : à quoi sert le Sénat ? Le Français moyen ne le sait pas très bien…

Les méchantes langues assurent tout à la fois qu’il est une agence de l’emploi et une maison de retraite de luxe pour les quatre grands partis politiques français, qu’il est truffé de lobbyistes au service d’intérêts particuliers, qu’il gâche les talents d’une cinquantaine de ses sages qui sont seuls à mériter leur indemnité parlementaire de 7 000 euros mensuels auxquels s’ajoutent 6209 euros de frais de réprésentation par mois, qu’il offre une solution d’attente à des politiques recalés par le suffrage universel direct, ou encore qu’il procure une immunité judiciaire aux politiciens corrompus auxquels s’intéresse la justice…

Chambre haute et monarchique de la démocratie parlementaire française, le Sénat coûte aux contribuables 300 millions d’euros chaque année. Il ne sert pas à grand-chose (l’Assemblée nationale ayant toujours le dernier mot), si ce n’est de garde-fou pour de grands problèmes de société. Ainsi, la Commission des lois du Sénat a supprimé, en septembre 2007, l’article du projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration, qui instaurait un recours éventuel à des tests ADN pour le regroupement familial.

Le Sénat. Enquête sur les super privilégiés de la République
Robert Colonna d Istria & Yvan Stefanovitch
250 pages
ISBN 978 2 268 06649 3

 
 
 
 
 
 

1 250 employés aux salaires et avantages mirifiques

En attente d’une réforme hypothétique, le général de Gaulle et Lionel Jospin s’y sont cassé les dents, la Haute assemblée vit en dehors du monde pour le plus grand bénéfice de ses 1 250 employés aux salaires et avantages mirifiques. Et personne n’a le droit d’aller mettre le nez dans ses comptes ou d’envisager de la réformer, et encore moins de la supprimer.

Dans le jardin du Luxembourg à Paris, visite du Sénat, qui est le plus chic, le mieux tenu et le plus confortable de tous les clubs de Paris, le seul sans doute où l’on est payé plutôt que d’avoir une cotisation à régler… Une véritable cité interdite de la république française et qui illustre un gaspillage effréné des deniers du contribuable. Serait-ce la danseuse de la République ?

On notera que, des administrateurs aux gardiens de square du jardin du Luxembourg, les fonctionnaires du Sénat ne sont pas malheureux non plus. Leurs rémunérations s’étalent de 2.300 à plus de 20.000 euros par mois, pour 32 heures de travail par semaine et presque quatre mois de vacances. Sans compter une kyrielle de privilèges minutieusement décrits dans le livre, dont la Cour des comptes ignore toujours l’existence, le Sénat s’étant toujours opposé, comme il en a le droit, à laisser ces magistrats enquêter dans ses murs.

Cet ouvrage constitue une enquête remarquable au sein de ce qui se veut l’élite politique et administrative de notre pays, une élite très secrète et très protégée.
 
 

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2 réponses à “Le Sénat : Enquête sur les superprivilégiés de la République

  1. Pingback: Vos nouvelles de Paris

  2. Livre certainement très intéressant à lire…

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